Voiski Disconnections - Music for Clouds

September 14, 2017

Derrière la programmation du RBMA Festival Paris il y a un parti pris simple : utiliser le Red Bull Studios Paris comme un laboratoire d’expérimentation permettant aux artistes de travailler sur des projets loin de leurs zones de confort, physiques ou artistiques. La programmation de la soirée de la Marbrerie à Montreuil est truffée de projets spéciaux de ce type : Zombie Zombie (qui ont enregistré leur nouvel album au studio), les collabs Simo Cell et Pilotwings, AZF et December .. Parmi ces projets, celui de Voiski tient une place à part. Parce qu’il est désormais l’un des producteurs techno français les plus respectés au monde et parce qu’il a décidé de sortir un petit chef d’œuvre d’ambient pour marquer la création de son nouveau label. Comme il ne fait rien comme les autres, il présentera ce projet sous la forme d’une installation sonore au festival. Explications.

Comment est né ce projet « Disconnections — Music for Clouds » qui mêle musique et photographie ? Quel est ton rapport à la pratique photographique ?
Voiski : Ce projet est né d’une envie de rendre publique deux activités personnelles débutées lors de mes nombreux moments d’attentes en déplacement. La photographie d’une part que j’exerce surtout pour conserver une mémoire physique de mes visites. Elles sont souvent très rapides et se résument la plupart du temps à un tour du pâté de maison ou du parking devant l’hôtel en poireautant entre deux concerts. (disconnections) D’autres part il y a ces compositions de mélodies que je réalise dans les avions entre le décollage et l’atterrissage et sur lesquelles je ne revient jamais, elles sont strictement composées durant le vol. (music for clouds).

Que représente la musique « Ambient » pour toi ? peut-on d'ailleurs employer ce qualificatif pour ce projet ? Éprouves-tu souvent le besoin de te déconnecter ?
Voiski : L’ambient est une musique spatiale ou atmosphérique, discrète et souvent riche émotionnellement. Elle s’adresse, à mon sens, plus à l’esprit qu’au corps. J’aime en écouter dans un avion au crépuscule, en particulier quand il va vers l’ouest et qu’il étire la durée du grand festival de couleur. J’aime en jouer pendant mes concerts, généralement par superposition à des rythmes techno qui prennent alors une âme et du caractère. L’ambient est pour moi ce qui rend la musique technologique intéressante. C’est d’ailleurs souvent comme cela que je produis ma musique, Je produis en premier un morceau quasi « ambient-trance » autonome par dessus lequel je vais faire tourner une boite à rythme. Et ces morceaux composés dans les avions sont effectivement représentatifs de cette première étape. ils sont à la fois ambient mais avec des mélodies parfois pop ou orientées vers le club si bien qu’en rajoutant un kick dessus cela donnerait presque un track de Dance.

Ce projet est également pour toi l’occasion de créer ton propre label, Super 95, pourquoi cette envie de créer ta propre structure ? Peux-tu nous en dire plus sur sa ligne directrice ?
Voiski : C’est au départ pour accueillir cet album que j’ai voulu créer ce label, cette édition étant assez particulière, j’avais envie d’une structure qui puisse me permettre de sortir ce genre de projets. Super 95 sera un label véritablement dédié à ce genre d’initiatives, de pratiques artistiques pluridisciplinaires ou d’objets qui racontent des histoires. Des disques étranges qui n’auraient pas leur place dans d’autres labels électroniques classiques.

La version « live » de ce projet prendra la forme d’une installation à l’occasion du RBMA Festival Paris, peux-tu nous en dire plus sur sa forme ? Pourquoi une installation plus qu’un live ?
Voiski : L’installation que je prépare pour le festival RBMA est d’abord une mise en espace de l’album qui sera réarrangé dans une version spéciale pour le système multidiffusion à 24 hauts parleurs de la marbrerie. Elle s’accompagne d’un dispositif de projection un peu old school: un projecteur de diapositives qui diffusera tour à tour une série de photographie du livre entrecoupés de fragments textes.

Enfin, tu es un des premiers artistes que je rencontre qui est aussi un fana de Formule 1, comment d’où vient ton intérêt pour ce sport ?
Voiski : D’un amour certain pour les voitures, la route, la vitesse, l’odeur de l’essence et plus généralement des boucles, de la répétition et de la transe, celle que les pilotes ressentent en enchainant les tours à plus de 300 KM/H ou celle des dj qui enchainent les tracks à 133 BPM.

Voiski « Disconnection / Music for Clouds », installation sonore dans le cadre du RBMA Festival Paris.